une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

Publié le par alainkoli

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

Aaron Martinet (1762-1841) fut un graveur, illustrateur et marchand d'estampes établi à Paris rue du Coq, fort renommé pour les caricatures que l'on trouvait dans sa boutique; la charade présentée en rébus que je soumets à votre attention date donc de deux siècles , ce qui ne facilite pas sa résolution....

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

nous verrons que la charade -rébus se décline en vers...le début ne présente pas de difficultés, sauf le personnage assis qui est...un lecteur ! petite fantaisie, la charade commence par le second, mais continuons d'explorer :

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

les difficultés commencent, avec ce bateau plat dont on a pu oublier le nom...le "pont" se met sur le dos de l'âne, le personnage pourrait sévir à Mons en Belgique, et l'oiseau dont il faut dire le nom n'est pas un martinet comme notre marchand d'estampe...bon, vous avez trouvé?  alors passez à "mon premier" :

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

quelques dessins entraînent des difficultés, alors sachez que celui qui mendie est un pauvre, le personnage assis représente Hymen, dieu du mariage, et le gros colis est un faix (se prononce fai, on retient surtout aujourd'hui le "porte-faix) ....difficile n'est-ce pas? mais continuons :

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

la première ligne évoque un enfant et une île grecque où un temple était dédié à Aphrodite, déesse de l'amour... Dans la seconde et la troisième ligne l'on retrouve un même objet ressemblant à une panière en osier, dont il faut tirer le son "sa", et je n'en ai pas l'explication . Les derniers dessins sont aussi problématiques...j'avais bien reconnu en l'arbre habillé d'un triangle un "arbre de mai" pour avoir vécu dans ma lointaine enfance un reste d'une ancienne tradition ( j'avoue avoir certaines nuits du premier mai déplacé maints pots de fleurs dans les rues de mon quartier !)  La paire de lunettes qui suit nous fait remonter dans le temps avec les premiers verres teintés utilisés pour se protéger du soleil et "conserver "sa vue, d'où ce nom de "conserves" qui est encore parfois utilisé . Après le mystérieux "sa" c'est une bonne soeur qui donne à boire...

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

 Après avoir passé le flambeau j'ai buté sur l'objet du centre, ce n'est pas une bizarre tour mais un objet que l'on n'utilise plus guère qu'en camping, un réchaud ! 

  Enfin après la définition des deux termes de la charade il ne reste plus qu'à  déchiffrer celle de "mon tout" :

une charade en rébus de 1820, qui trouvera ?

En résumé  nous avons donc l'énigme suivante  :

    Mon second cher lecteur est le tableau fidèle

    de ton heureux et rapide printemps

     Il est sensible à tous les vents

     Il ne faut qu'un ébat de l'agile hirondelle

     pour agiter soudain ses sens 

     Mon premier pauvre Célimène

     par malheur n'est pas la fontaine

     qui fait braver la faux du temps

      Aussi quand l'enfant de Cithère

     ne verra plus en toi l'image de sa mère

     Laisse le s'éloigner mais conserve sa soeur

     Son flambeau bienfaisant réchauffera ton coeur

    Et les arts unissant leurs charmes à sa présence

    Empêcheront ton existence

    D'être mon tout qui ferait ton malheur...

   Soit, mais ce qui ferait mon bonheur ce serait la solution de cette charade qui devrait aider à mieux comprendre ce texte ! Merci de me suggérer vos solutions, et celui qui en aura une plausible sinon certaine gagnera un abonnement d'un an à la newletter !

 

 

PS du 29/07

  Solution de la charade ?  Peu de solutions ont été proposées mais l'une d'elles me semble tout à fait plausible; elle a été fournie par Sébastien R.( dont le fils est à féliciter) et je vous la livre telle qu'elle m'a été présentée :  

« Mon premier, pauvre Célimène, par malheur n'est pas la fontaine qui fait braver la faux du temps. Aussi quand l'enfant de Cythère ne verra plus en toi l'image de sa mère, laisse le s'éloigner mais conserve sa sœur ; son flambeau bienfaisant réchauffera ton cœur. »
Interprétation :
Ici interpellée, Célimène, personnage de Molière dans Le Misanthrope, est coquette, volage, et représente l’inconstance. Mon premier, n’est pas la fontaine de jouvence qui pourrait lui donner l’immortalité. Aphrodite – la mère de l'enfant de Cythère – représente la beauté et son fils Éros, l’amour. Sa sœur pourrait être l’amitié qui réchauffe les cœurs vieillissants.
Version modernisée :
Mon premier, pauvre coquette, n'est pas la fontaine de jouvence. Aussi quand l’amour ne verra plus en toi la beauté, laisse le s'éloigner mais garde l’amitié dont la flamme réchauffera ton cœur.
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« Mon second cher lecteur est le tableau fidèle de ton heureux et rapide printemps. Il est sensible à tous les vents ; Il ne faut qu'un ébat de l'agile hirondelle pour agiter soudain ses sens. »
Interprétation :
Métaphoriquement, le printemps est toujours l’image de la jeunesse. Il faut donc trouver un élément qui représente à la fois la fugacité et la fragilité de la jeunesse.
Version modernisée :
Mon second, est une image métaphorique – et pourquoi pas littéraire - de la fuite du temps.

Je pense qu’il faut réduire ce rébus à ces deux propositions fondamentales en le débarbouillant de ses fioritures :
Notre proposition est donc la suivante :
« Mon premier […] n'est pas la fontaine qui fait braver la faux du temps. » : ce serait donc la MORT.
« Mon second […] est le tableau fidèle de ton heureux et rapide printemps. » : je propose la ROSE (celle de Ronsard, qui « […] ce matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil […] » et qui a perdu « […] cette vêprée, les plis de sa robe pourprée  »
 
Mon tout
« Les arts unis à l’amitié empêcheront ton existence d'être MOROSE, ce qui ferait ton malheur... »

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